ENTRE AILES ET BRUME
ÉCRIRE UN TEXTE COMMENÇANT PAR UNE CITATION RELATIVE AUX ANIMAUX
ET INTÉGRER :
ET/OU
Pour ce nouveau défi proposé par Andrée aux Croqueurs de Mots,
j'ai laissé venir deux présences qui habitent mes jours autrement.
Et
Deux animaux
Deux souffles
Deux façons de traverser le monde ...
L'une légère comme un battement d'ailes
L'autre vaste comme une mémoire ancienne.
Ils se sont imposés à moi comme des compagnons silencieux,
porteurs de douceurs,
de mystère
et de ce regard que seuls les animaux savent offrir.
À travers eux,
j'ai tenté une méditation narrative,
un pas de côté
un murmure qui relie l'intime à l'invisible.
Voici donc
Et
Deux petites fables intérieures pour répondre au défi
et pour célébrer ces êtres
qui nous apprennent à voir autrement.
LA VISITEUSE DU MATIN
《 On reconnaît le cœur d'un être à la façon dont il parle aux oiseaux.》
Chaque matin elle revient.
Petite flèche bleue et jaune
La mésange fend l'air et se pose sur le bord de ma fenêtre.
Elle ne frappe pas.
Elle attend.
Son regard est une perle noire
Fixe et doux
Telle une question sans urgence.
Je l'appelle Ma Gâtée.
Ce n'est pas un nom
C'est une caresse.
Une façon de dire :
《 Tu es attendue.Tu es reconnue. Tu es aimée.》
Elle ne répond pas bien sûr
Mais je sais qu'elle entend.
Dans le tremblement de ses plumes
Dans la manière qu'elle a de pencher la tête
Il y a une écoute ancienne
Une mémoire plus vaste que la mienne.
Je lui parle.
Je lui dis les rêves de la nuit
Les douleurs du corps
Les pensées qui tournent telles feuilles mortes.
Elle ne juge pas.
Elle picore une miette
S'envole
Revient.
Elle est le rythme de mes jours
Le battement discret qui me relie au monde.
Un jour je lui ai confié mon chagrin.
Elle m'a regardée longtemps
Puis elle a chanté.
Ce n'était pas une chanson
C'était un fil.
Un fil de lumière tendu entre elle et moi.
Depuis je sais.
Je sais que le silence peut guérir
Que la présence suffit.
Ma Gâtée c'est toi petite sœur ailée.
Tu es le souffle qui me rappelle
Que même immobile
Je peux aimer.
Que même enfermée
Je peux accueillir.
Tu es le poème vivant
Celui qui ne s'écrit pas
Mais qui se pose chaque matin
Sur le bord de ma vie.
MARIE SYLVIE
LE MARCHEUR DES INTERSTICES
《 Les animaux ont une mémoires que les humains ont oubliée.》
Anonyme
Il marche dans la ville comme on traverse un rêve un rêve.
Un éléphant
Immense et silencieux
Glisse entre les immeubles gris.
Personne ne le voit.
Ou plutôt
Personne ne prend le temps de lever les yeux
De son téléphone
De son agenda
De sa fatigue.
Les adultes ont perdu l'art de percevoir ce qui ne s'achète pas.
Moi je le vois.
Depuis ma fenêtre
Il apparaît chaque matin
Juste avant que la lumière ne se décide.
Sa peau est faite de brume et de poussière d'aube.
Ses pas ne résonnent pas
Mais je sens leur poids dans ma poitrine
Tel un souvenir ancien.
On m'a souvent traitée de Pelleteuse de nuages.
Une rêveuse
Une inutile.
Une femme qui croit encore aux présences invisibles.
J'ai longtemps eu honte de cette étiquette.
Puis l'éléphant est venu.
Il m'a appris que les nuages sont des terres fertiles
Que les projets irréalisables sont parfois les seuls qui savent la peine d'être portés.
Un matin il s'est arrêté juste en face de moi.
Son œil
Vaste tel un lac
S'est posé sur le mien.
J'y ai vu des forêts disparues
Des rivières intactes
Des troupeau entiers traversant des plaines que je ne connaîtrai jamais.
J'y ai vu aussi ma propre fragilité
Tenue dans sa douceur.
Il ne parle pas.
Mais sa présence dit tout :
Que la ville n'a pas tout avalé
Que le monde invisible persiste
Que les êtres immenses se cachent parfois dans les interstices de nos jours trop étroits.
Depuis je marche autrement.
Je laisse de la place pour ce qui dépasse.
Je garde un coin de mon esprit ouvert
Aux éléphants de brume
Aux oiseaux messagers
Aux rêves qui n'entrent dans aucune case.
Je ne cherche plus à convaincre.
Je regarde
J'écoute
J'accueille.
L'éléphant invisible continue sa route.
Il n'a pas besoin d'être vu pour exister.
Mais moi j'ai besoin de lui pour me souvenir
Que la vie est plus vaste que mes murs
Plus profonde que mes peurs
Plus légère que mes pas.





Bonjour Marie-Sylvie, en voici deux beaux texte pour le défi Croqueurs, Bodin a raison, bravo à toi, ta façon de vivre, ;-) bon lundi, amitiés, jill
RépondreSupprimerCoucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerVoici deux magnifiques fables pour répondre au défi de Durgola. Bravo
Bises et bon début de semaine. Zaza