DANS LES COULOIRS DU MAÏS ... J'AI APPRIS LA PEUR
THÈME :
Cherchons la sortie ...
Le jour où je me suis perdue dans un champ de Maïs.
Nous pique-niquions à la sauvage
Une bande d'adolescents affamés
Bruyants
Un peu fiers d'être seuls au monde.
J'étais la seule fille parmi eux
Et pourtant
Sans que je comprenne vraiment pourquoi
Ils me considéraient comme leur chef.
Une place étrange
Un peu lourde
Un peu flatteuse
Que je portais comme un costume trop grand.
C'est au milieu de ce joyeux désordre que mon ventre a protesté.
Une urgence banale
Mais qui
Àcet âge-là
Prend des allures de catastrophe intime.
Je n'allais tout de même pas annoncer ça à cette bande de garçons.
Heureusement
Juste à côté
Un immense champ de Maïs se dressait
Dense et rassurant
Telle une porte de secours.
Je m'y suis glissée avec la discrétion d'un animal craintif.
Et par une logique adolescente absolument imparable
J'ai avancé jusqu'à ne plus entendre leurs voix.
Je croyais sincèrement que si je ne les entendais plus
Ils ne pourraient plus me voir.
Alors j'ai marché
Encore un peu
Puis encore.
Lorsque je me suis relevée
Soulagée
J'ai voulu faire demi-tour
Mais tout se ressemblait.
Les tiges hautes formaient des couloirs identiques
Des murs végétaux qui frémissaient au moindre souffle.
J'ai pris un chemin puis un autre
Persuadée de retrouver la sortie
Mais chaque pas semblait me ramener au même endroit.
Le champ avait changé de nature :
Il n'était plus un refuge
Mais un labyrinthe.
La panique est montée doucement
Telle une vague froide.
Je me suis mise à marcher plus vite
Les feuilles me fouettant les bras
Le cœur battant trop fort.
Je me suis imaginée perdue pendant des heures
Retrouvée par un agriculteur surpris
Ou pire :
Jamais retrouvée du tout.
À quinze ans on dramatise vite.
Et puis un aboiement a traversé l'air.
Un chien quelque part.
Un son clair
Familier
Vivant.
Je m'y suis accrochée comme à une corde.
J'ai marché vers cette voix animale qui
Elle
Savait où était le monde.
Et enfin j'ai vu la lumière.
Le bord du champ.
La sortie.
Il suffit parfois d'un aboiement
Pour ramener le monde à sa place.
J'ai contourné le Maïs pour revenir vers les autres
Tâchant de reprendre une respiration normale
D'effacer la panique de mes joues.
Lorsque je suis arrivée
Ils parlaient de leurs plus grandes frayeurs
De ces moments où ils avaient cru mourir
Ou se perdre.
Je me suis assise parmi eux
Calmement.
Je n'ai rien dit.
Mon aventure resterait mon secret ...
Un secret un peu absurde
Un peu héroïque
Un peu honteux aussi.
Ils me voyaient comme leur chef.
Je les ai laissés croire que je n'avais jamais peur.
Mais moi je savais qu'un jour
Dans un champ de Maïs
J'avais affronté mon propre labyrinthe.
Le courage commence
Là où l'on n'ose pas appeler à l'aide.



Bonjour Marie-Sylvie, ah le vrai courage n'est-il pas là, prendre sur soi et se sortir d'une situation qui fait battre le coeur.... Ce labyrinthe le teste ;-) amitiés, jill
RépondreSupprimerCoucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerDe temps à autre, il en faut du courage pour se sortir de situations inextricables.
Bises et bon samedi. Zaza
Heureusement il y a eu l'aboiement de ce chien pour te sortir de ce labyrinthe de champ de maïs.
RépondreSupprimerBéa kimcat