ENTRE SOURCE ET TEMPÊTE
L'eau commence toujours avant nous.
Avant les mots
Avant les gestes
Avant même la première respiration.
Elle est ce murmure primordial dans lequel la vie s'essaie
Hésite
Puis s'élance.
Dans chaque être
Elle demeure une goutte de cette origine
Un éclat de mer intérieure qui rappelle que nous venons du fluide
Et que nous y retournons
Ne serait-ce que par le rêve.
L'eau est la première bénédiction.
Elle lave
Elle ouvre
Elle consacre.
Dans le baptême
Elle efface ce qui pèse et révèle ce qui espère.
Elle trace sur le front une promesse de recommencement
Comme si chaque goutte portait en elle la possibilité d'un monde neuf.
Elle sait être douceur
Elle sait être accueil
Elle sait être passage.
Mais l'eau n'est pas univoque.
Elle porte en elle une mémoire plus vaste que la nôtre
Une patience millénaire
Une force qui ne se laisse pas dompter.
On peut arrêter les flammes d'un incendie
Étouffer la colère du feu
Contenir sa danse rouge.
Face à l'eau déchaînée
Pourtant
L'humain redevient minuscule.
Les digues cèdent
Les certitudes se dissolvent
Les routes deviennent des fleuves improvisés.
L'inondation n'est pas seulement un débordement
C'est une leçon d'humilité.
Elle rappelle que la terre n'est pas un territoire conquis
Mais un lieu prêté.
L'eau est ainsi :
Elle donne la vie
Et parfois elle la bouscule.
Elle irrigue les champs
Mais peut les engloutir.
Elle porte les bateaux
Mais peut les briser.
Elle désaltère
Mais peut noyer.
Elle est la caresse et la tempête
La source et le gouffre
La bénédiction et l'avertissement.
Et pourtant
Malgré sa puissance
Elle demeure un symbole de paix.
Écoute une rivière :
Elle ne crit pas
Elle insiste.
Observe une goutte sur une feuille :
Elle ne conquiert pas
Elle s'installe.
Regarde la mer au petit matin :
Elle ne s'impose pas
Elle respire.
L'eau enseigne la persévérance sans violence
La transformation sans rupture
La force sans orgueil.
Elle invite à devenir
Nous aussi
Des êtres de fluidité.
À apprendre à contourner ce qui résiste
À creuser patiemment notre chemin
À accepter les métamorphoses.
À comprendre que rien n'est figé
Que tout s'écoule
Que la vie avance comme un courant discret mais tenace.
Et lorsque l'eau déborde
Lorsque la peur monte avec elle
Peut-être rappelle-t-elle
Que nous ne sommes pas faits pour tout maîtriser.
Qu'il y a dans chaque débordement une invitation à revoir nos fondations
À reconstruire autrement
À écouter ce que nous n'avions pas voulu entendre.
L'eau
Finalement
Est une maitresse de sagesse.
Elle nous apprend à renaître
À nous purifier
À nous laisser traverser.
Elle enseigne la souplesse
La patience
La vigilance.
Elle montre que la vie est un mouvement perpétuel
Un va-et-vient entre ce qui se donne et ce qui se retire.
Et dans ce mouvement
Nous apprenons à marcher plus humblement
À aimer plus profondément
À vivre plus lucidement.



Bonjour Marie-Sylvie,
RépondreSupprimerIl est vrai que l'eau, c'est tout ça!
J'aime ta manière d'en parler, et de rendre hommage à cette force qui caresse ou détruit, que rien n'arrête.
Bien amicalement
Quelle jolie manière de parler de l'eau... Vitale !
RépondreSupprimerBon mardi chère Marie Sylvie
Bien amicalement
Béa kimcat
Bonjour Marie Sylvie,
RépondreSupprimerEncore un magnifique texte qui décrit bien l'ambivalence de l'eau, qui au-delà de son côté dangereux, parfois, est tout de même source de vie et vitale pour tout le vivant.
Le pourcentage d'eau contenu dans le corps humain (de 55 à 60%) est très significatif à cet égard.
Bonne semaine à toi.
Bien amicalement,
Martine
Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerL'eau, incontournable source de vie... Il faut ménager cette ressource que tellement d'humains gaspillent.
Bises et bon mardi - Zaza
Que ferions nous sans eau elle est notre raison de vivre sans elle on n'est plus.
RépondreSupprimermais parfois quelques dérèglements climatiques les tampètes sur mer et sur terre l'eau nous joue alors de très mauvais tour.
FA