ENTRE MES MAINS ... LA LUMIÈRE GLISSE ENCORE
ENTRE MES MAINS ...
LA LUMIÈRE GLISSE ENCORE
Il y a des jours où mes mains semblent trop petites
Pour contenir ce que j'y dépose.
Des jours où entre mes doigts coule le sable.
Il glisse comme si le monde cherchait à m'apprendre la délicatesse du lâcher-prise.
Je marche au bord de l'eau.
La mer respire lentement
Tel un animal ancien qui connaît tous les secrets du temps.
Elle avance
Elle recule
Elle dissimule mes traces
Sans jamais effacer ce que j'ai vécu.
Je me laisse porté par ce mouvement.
Il y a dans le va-et-vient des vagues
Une sagesse que je n'ai pas encore apprise
Mais que mon corps reconnaît malgré moi.
Une sagesse qui dit :
- Rien ne t'appartient vraiment
Et pourtant tout te traverse.
Je m'arrête.
Le vent me frôle telle une main amie.
Il soulève quelques grains de sable
Et les disperse dans l'air
Comme pour me montrer
Que même ce qui semble lourd peut devenir léger.
Je pense à tout ce que j'ai voulu retenir.
Les visages aimés.
Les promesses murmurées.
Les instants suspendus où le monde semblait tenir dans un souffle.
Je pense à mes peurs aussi
À mes hésitations
À ces portes que je n'ai pas osé franchir
Par crainte de perdre ce que je croyais posséder.
Et soudain je comprends.
Ce n'est pas le sable qui m'échappe
C'est moi qui m'agrippe.
C'est moi qui serre trop fort
Comme si la vie pouvait se figer par la seule force de mes doigts.
Alors j'ouvre la main.
Je laisse filer.
Je laisse tomber.
Je laisse être.
Le sable coule lentement
Telle une pluie douce
Telle une heure qui s'étire
Tel un souvenir qui se dépose sans bruit dans la mémoire.
Je sens une paix nouvelle m'envahir.
Une paix qui ne vient pas de ce que je garde
Mais de ce que j'accepte de laisser aller.
Une paix qui dit :
- Tu n'as pas besoin de retenir pour aimer.
Tu n'as pas besoin de posséder pour exister.
Je reprends ma marche.
Le soleil descend doucement
Teintant l'horizon d'or et de cuivre.
Chaque pas devient une offrande
Chaque souffle une promesse silencieuse.
Je me sens reliée à tout ce qui m'entoure.
Au cri lointain d'un oiseau
Au parfum salé de l'air
À la douceur du sable sous mes pieds nus.
Je me sens vivante
Non pas malgré ce qui m'a échappé
Mais grâce à cela
Car ce qui s'en va
Ouvre un espace en moi.
Un espace où la lumière peut entrer
Un espace où je peux enfin respirer.
Je m'asseois face à la mer.
Je ferme les yeux.
Je laisse le monde me traverser sans résistance.
Et dans ce silence vibrant
Je sens quelque chose se déposer en moi
Une certitude douce
Presque timide
Mais tenace.
Je ne suis pas faite pour retenir.
Je suis faite pour traverser.
Pour accueillir.
Pour recommencer.
Le sable glisse encore entre mes doigts
Mais cette fois
Je l'accompagne du regard
Comme on regarde un ami qui reprend la route.
Je souris.
Je respire.
Je me laisse aller.
Et dans ce simple geste
Je découvre que la vie
La vraie
Commence exactement là où je cesse de vouloir la retenir.
Rien ne se perd
Tout se transforme en lumière
Pour qui sait ouvrir les mains


Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerUn texte magnifique... Comme j'ai aimé ta conclusion. Merci pour cet excellent moment de lecture.
Bises et bon mercredi. Zaza
Oui c'est magnifique !
RépondreSupprimerLa fuite du temps avec ce e sable qui glisse encore entre nos doigts
Restons dans la Lumière
Bon mercredi chère Marie Sylvie. Il neige à gros flocons à Guéret
Bien amicalement
Béa kimcat
Avec ce sable...
RépondreSupprimerUn très beau texte qui demande à réfléchir, ala belle lumière de la vie
RépondreSupprimerFA
Il est de ces instants justement que l'on voudrait retenir entre ses mains tel le sable qui lentement s'écoule des doigs. Quel joli texte poétique.......
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