LÀ OÙ JE DOIS ALLER

 




PROPOSITION  # 107 

PHRASES :
Souhaite un agréable séjour - Rabat du télégramme - Son corps ample - La crainte au ventre - Verres vides - Pièces de viande - La fenêtre était murée

MOTS OU EXPRESSIONS :
En baver des ronds de chapeau  - Hebdomadaire  - Surnuméraire - Passion - Apprécier 

THÈME :  CULTURE 










LÀ OÙ JE DOIS ALLER


Il y a des lieux qui ne figurent sur aucune carte.
Des lieux qui ne s'atteignent qu'en fermant les yeux 
Qu'en fermant la fenêtre du monde pour mieux entendre ce qui bat en soi.
La fenêtre était murée
Non par des briques mais par le temps
Par cette épaisseur invisible qui s'installe
Lorsque les jours deviennent semaines.

Je suis là.
À l'orée d'un départ sans bagage
Avec la crainte au ventre et le silence pour compagnon.
Je ne sais pas ce que je cherche
Mais je sais que je dois y aller.

Le rabat du télégramme repose sur la table
Ce pli ancien.
Un message bref presque sec
Comme une injonction oubliée :
Souhaite un agréable séjour .》
Mais comment le souhaiter 
Lorsque les verres vides attendent d'être rangés
Lorsque les pièces de viande refroidissent dans l'assiette
Lorsque son corps ample ne répond plus aux éclats de l'âme ?

Je vais en baver des ronds de chapeau
Pour chaque pas 
Chaque pensée
Chaque mot
Pour un peu de lumière
Un peu de reconnaissance
Un peu de culture.


Mais je marche.
Je marche sur ce lieu sans nom
Ce lieu surnuméraire qui ne m'attend pas
Mais m'accueille.
Un chiffre de trop dans une équation sans solution.

Là où je dois aller
Il n'y a ni hebdomadaire ni agenda.
Le temps s'y plie à la respiration.
Le savoir y est vivant
Non pas exposé mais transmis
Comme une braise entre deux mains. 

Je suis passion.
Je suis errance.
Je suis cette voix intérieure qui dit :
Apprécie. Même ce qui te fait peur ! 》

Et je marche encore.
Chaque pas est une offrande 
Chaque détour une révélation.
Je ne suis pas seule.
Je suis habitée par une présence.
Elle ne parle pas 
Mais elle me guide.
Je traverse les couloirs de l'oubli
Je touche les murs de l'absence 
Et je murmure aux ombres qui me répondent par des silences pleins.
Et dans ce vide
Je découvre une plénitude
Un espace sacré.

Là où je dois aller
Il n'y a pas de destination
Seulement une traversée.
Et dans cette traversée
Je me retrouve.

Là où je dois aller
Le chemin s'efface pour mieux se révéler.
La brume n'est pas un obstacle 
Mais une invitation.
Chaque pas vers l'inconnu est déja une présence.






Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie... Cet atelier de Nanou est le plus difficile qu'elle tienne.... Voilà un fort beau texte qui en découle, allons vers ces lieux, son moi intérieur... bravo, amitiés, jill

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  2. Super Mario Sylvie.
    Phrases et expression bien placées dans ton texte.
    Un exercice qui n'est pas évident.
    Bises et bon mardi. Zaza

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  3. un très bon texte les mots sont placés

    FA

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  4. C'est beau, là où tu dois aller...
    Béa kimcat

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  5. Lorsque je mets les propositions en ligne, je suis loin d'imaginer ce qui peut en découler. A chaque fois c'est un vrai plaisir. Je découvre des pépites. Il fallait la placer la "pièce de viande" dans un texte aussi beau. Merci à toi marie sylvie

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