LA VENTE AUX ENCHÈRES
LA VENTE AUX ENCHÈRES Je courais d’un bâtiment à l’autre, avide de découvrir ce monde paysan qu’on disait nourricier, presque sacré. Dans la grange, les ballots de foin s’empilaient comme des remparts contre l’Hiver. Plus loin, le hangar abritait le tracteur et ses outils alors que les chevaux et les bœufs semblaient attendre qu’on leur rende leur place dans le travail de la terre. Dehors, on installait déjà la vaisselle sur des tréteaux : Cuillères, tasses encore parfumées de café, ustensiles de fromagerie, instruments de charcuterie. Tout s’étalait au grand jour, comme si l’on vidait une vie pièce par pièce. La vente aux enchères se préparait, implacable, chassant des fermiers de leur terre chérie. L’étable gardait l’odeur des vaches. Un chat guettait, espérant quelques gouttes de lait mais rien ne venait. Je traversais la cour boueuse, serrée entre les bâtiments soudés les uns aux autres comme une famille qui se tient dans l’épre...